Les pathologies vocales chez les formateurs et les enseignants risquent de se multiplier avec le port obligatoire du masque Covid 19 - Blog d'Expressions, organisme de formation professionnelle sur la voix et la prise de parole en public

De plus en plus de symptômes de fatigue vocale chez les formateurs

Je le (pré)dis depuis plusieurs mois : le port du masque toute la journée par les enseignants et formateurs va engendrer une recrudescence des problèmes – voire des pathologies- vocaux chez les enseignants et les formateurs, une profession déjà fortement touchée par les problèmes de voix.

Et ce matin, voilà sur quoi je tombe :

Un article sur RTL info décrivant exactement cela : des maux de gorge, un épuisement physique, un forçage vocal et donc des problèmes vocaux qui se profilent à un horizon très proche.
Voilà, on y est. En même temps, c’est du pur bon sens et c’était tout à fait prévisible, étant donné que le souffle est le carburant de la voix…

Le port continu du masque est délétère pour la santé

Je ne suis pas du tout la seule à le dire, de nombreux médecins le clament haut et fort aujourd’hui, le port du masque en continu est une hérésie et il est délétère pour la santé!
Non seulement le masque n’arrête pas le virus (oui certes, il limite un peu la charge virale mais c’est loin d’être suffisant), mais en plus, il est aujourd’hui injustifié (écoutons un peu les médecins!!!) et enfin, les conséquences du port du masque sont tout aussi, voire beaucoup plus graves que celles d’une absence de celui-ci :
  • fatigue vocale,
  • maux de tête,
  • fatigue persistante
  • saignement de nez chez certains
  • douleurs au plexus solaire (forcément, le diaphragme a du mal à fonctionner normalement),
  • confusion/ difficultés à réfléchir avec clarté
Tout cela du fait de la mauvaise oxygénation.
Quoiqu’en disent les “études” (aucune ne dit la même chose, donc à qui se fier?), je pense que nous sommes nombreux à éprouver ces gênes (ça, c’est du concret!)
Certains clients me demandent aujourd’hui de donner des outils à leurs formateurs (ou collaborateurs exerçant d’autres métiers, dans lesquels des prises de parole plus ou moins fréquentes sont impliquées) pour leur permettre de continuer à parler toute la journée avec le masque.

Un travail technique sur la voix peut être fait… mais…

Bien sûr que l’on peut faire des choses techniquement (découvrez les formations d’Expressions dédiées aux formateurs) :
Travailler l’articulation, travailler les aigus du timbre (ce que le masque détruit massivement), pour plus d’intelligibilité, … mais nous avons trois problèmes majeurs :
– la voix se pose sur le souffle, qui est clairement entravé,
– la projection vocale est soumise aux lois acoustiques basiques… ce qui fait que, forcément, si on met un obstacle sur le chemin de l’onde sonore, celle-ci est cassée… Il n’y a PAS de solution à cela!! Point barre.
– Utiliser sa voix de manière audible et intelligible (tout en étant captivant) demande un certain engagement physique. Et clairement quand on respire mal, c’est très rapidement compliqué!

Pas le choix… plus de pauses s’imposent !

Alors je suis désolée, mais la seule réponse honnête et humaine que je peux adresser à mes clients, ce n’est pas d’entraîner leurs formateurs à prendre encore un peu plus sur eux (le métier de formateur est déjà épuisant en temps normal), mais de se voir accorder plus de pauses.

Bien sûr que l’on peut aider techniquement les personnes qui, déjà en temps normal, articulent mal ou n’utilisent pas du tout les muscles de la partie supérieure de leur visage (responsable des aigus du timbre). Oui, ça aidera, dans les moments où il FAUT parler avec le maques.

Mais si on ne veut pas voir une énorme recrudescence de problèmes vocaux chez les formateurs et enseignants (je précise, pour ceux qui ne le savent pas que cette profession est déjà très exposée, en temps normal, aux pathologies vocales, puisque plus de la moitié des formateurs développent des problèmes vocaux au cours de leur carrière)… il serait temps de trouver d’autres solutions.
> Par exemple, équiper les salles de classe ou de formation de vitres en plexiglass avec un micro côté formateur, qui ressort dans des enceintes côté élèves, si l’on tient vraiment à continuer de répandre la psychose.
> Sinon, on peut aussi écouter l’avis des nombreux médecins aujourd’hui et se contenter d’observer une distanciation physique, désinfecter les surfaces et aérer les pièces régulièrement.

Et si vraiment on veut garder le maque (pour respecter les consignes gouvernementales…), alors je suis désolée, mais je vous dirais que cela n’est pas tenable. A mon sens, demander à quelqu’un d’enseigner comme avant toute la journée relève de la maltraitance (quand on voit que Mr Macron s’étouffe au bout de 30 secondes de discours devant 10 élèves…. no comment !).

Donc pour moi, en conservant le port du masque, deux mesures peuvent être prises (conjointement si possible) :
– retravailler le rythme des activités, proposer plus d’activités en autonomie des élèves, pour laisser le professeur ou formateur souffler un peu et se reposer physiquement
– des pauses plus fréquentes, en extérieur, AVEC LE DROIT D’ENLEVER LEUR MASQUE.

En terminant ce post, je me dis que j’espère vraiment ne pas avoir à en reparler, ni à constater que les pathologies vocales de ces professions (ou d’autres) auront progressé à cause du port du masque.

Je vous souhaite à tous et à toutes une très belle rentrée, et, chez vous, n’oubliez pas de respirer, dans tous les sens du terme!

 

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